LES TABLES DE PLONGEE MN90
Pourquoi les tables de décompression ???
En surface, il existe un équilibre entre la pression atmosphérique qui agit sur le corps et la pression des gaz à l’intérieur de l’organisme (loi de Henri : « la dissolution des gaz »). Cet équilibre est un état de saturation .
Lorsque l’on s’immerge, la pression augmente. L’organisme par rapport au milieu va donc rétablir l’équilibre en allant vers un nouvel état de saturation. Les tissus qui composent l’organisme vont absorber plus de gaz.
Lorsque l’on remonte, la pression diminue, les tissus sont en état de Sursaturation et vont restituer le gaz en surplus. Ces microbulles d’azotes circulent jusqu’aux poumons pour y être éliminées par la respiration, c’est la déssaturation où décompression.
Elle nessécite une attention toute particulière pour le maintient de la bonne santé des plongeurs. Une bonne déssaturation se fait en respectant scrupuleusement un « protocole » qui peut être suivi grâce à l’utilisation de « tables de plongée » où d’un « ordinateur de plongée » .
La FFESSM impose I'utilisation des tables MN90 dans le cadre des épreuves théoriques des examens, de même que le Ministère de la Jeunesse et des Sports impose I'usage desdites tables dans les épreuves théoriques des spécifiques BEES1 au BEES2. Plus précisément, il s'agit de I'utilisation des tables MN90 actualisées.
En ce qui concerne la pratique, rappelons qu'à I’origine I'usage destables MN90 est réserve à la plongée autonome dans le cadre des plongées ne nécessitent qu'un effort physique modéré.
De ce fait il va de soi que dans le cadre de la plongée sportive ou de loisir, I’usage des tables MN90 fédérales est déconseille pour toute activité sortant de son domaine d’utilisation, en particulier lorsqu'il s'agit d’effort physique important en immersion.
GENERALITES:
Bien que l'ordinateur de plongée a remplacé les tables en pratique, leur apprentissage et compréhension permet de planifier les immersions et d'avoir une idée sur ce qui est possible où pas pour réaliser des paliers et gérer l'aire.
- 2 plongées au maximum par 24 heures.
- Les tables indiquent, en fonction de la profondeur atteinte et du temps passé sous I'eau, la profondeur et la durée des paliers à effectuer au cours de la remontée.
- Vitesse de remontée du fond au premier palier: 15 mètres par minute.
- Entre paliers, la vitesse est de 6 mètres par minute, soit 30 secondes pour passer d'un palier à I'autre. Cela est encore valable depuis le dernier palier jusqu'à la surface.
- La durée de la plongée se compte en minutes entières (toute fraction de minute commencée est considérée comme une minute entière écoulée) depuis I'instant au le plongeur quitte la surface en direction du fond jusqu'à I'instant où il quitte le fond pour remonter vers la surface, à la vitesse préconisée de 15 a 17 mètres par minute.
- La profondeur de la plongée est la profondeur maximale atteinte au cours de la plongée.
- Si la valeur de la durée de plongée ou celle de la profondeur de plongée ne sont pas dans la table, prendre la valeur lue immédiatement supérieure.
- L'interpolation des temps au des profondeurs est interdite.
- La plongée au delà de 60 mètres est interdite.
Les tables données pour les profondeurs de 62 et 65 mètres sont des tables de secours a n'employer qu’en cas de dépassement accidentel.
Dans ce cas il est interdit d'effectuer une nouvelle plongée pendant une durée de 12 heures. Intervalle entre 2 plongées; temps entre la fin de la première plongée et le début de la seconde plongée.
Les plongées simples :
Sont des plongées séparées d’avec la précédente d’un intervalle de surface supérieur à 12 heures. Dans la table, on cherche la profondeur à laquelle on désir aller et le temps que l’on souhaite rester. Ainsi il sera facile de trouver les paliers obligatoires. Pour réaliser des exercices de calculs de tables prenez l’habitude de faire un petit schéma pour vous aider.
Schéma simplifié d’un profil de plongée simple
La profondeur de la plongée est la profondeur maximale.
La durée de la plongée commence à l’immersion et se termine au début de la remontée.
La durée de l’immersion inclus les temps de remontée et de palier.
L’heure de sortie se trouve en additionnant les temps de plongée, de remontée et de palier.
Exemple : À 10h25 je m’immerge avec toi pour une plongée à 18mètres. Au bout de 55 minutes nous commençons notre remontée. Sur la table nous avons vu qu’il nous faut effectuer un palier de 1minute à 3mètres. Nous avons donc 18m – 3m à remonter pour arriver au palier, soit 15m. A une vitesse de 15m/mn, il nous faut 1 minute pour remonter. Après avoir fait notre minute de palier nous rejoignons la surface, cette fois en 30 secondes. Total : 55’+1’+1’+30’’= 57’30’’ que l’on arrondi à la minute supérieure, soit 58mn. Notre heure de sortie est donc 11h23, notre G.P.S : I.
L’intervalle de surface : est un temps passé en surface entre deux plongées. Durant cet intervalle, l’organisme va continuer à « se décharger » de l’azote résiduel toujours dissout dans les tissus après la 1ère plongée. Le tableau 1 contient des intervalles de surface compris entre 15mn et 12h, car l’on considère que en dessous de 15 mn, la quantité d’azote restituée est négligeable,et au dessus de 12h les trace de la plongée précédente ont disparue. Toute seconde plongée réalisé dans ce stricte laps de temps est appelé : plongée successive. A l’intersection du temps passé en surface et du G.P.S de la plongée précédente, on peut lire un nombre qui correspond à la tension d’azote dans les tissus exprimé en bar
Les plongées successives :
Dans le tableau 2, on va retrouver dans la colonne de gauche notre quantité d’azote résiduel. Si elle n’y figure pas, on prend la quantité immédiatement supérieure, par sécurité. Dans la ligne du haut, on choisit la profondeur de la seconde plongée. A l’intersection des deux, on trouve une durée en minute. C’est une majoration, un temps fictif à additionner à la durée réelle de la plongée successive. Ainsi, on simule une plongée plus longue, pour tenir compte, lors de la déssaturation, du résidu d’azote de la 1ère plongée.
Exemple : après notre plongée du matin, une pause s’impose. Nous nous offrons un petit casse-croûte et décidons de repartir 60mn plus tard pour une plongée de 60mn à 15m. Tableau 1 : à l’intersection du G.P.S : I et de l’intervalle : 60mn, on lis : 1,08.
Tableau 2 : il n’y a pas de 1,08. On prend 1,11.
A l’intersection entre 1,11 et 15m, on trouve 52mn de majoration. La durée réelle de notre plongée est bien 60’, mais pour la déssaturation, on utilisera le temps fictif de 60’+52’=112’.
Reportons cela aux tables : à la profondeur de 15m et pour une durée de plongée de 112mn (je prend 1h55 par sécurité), il nous faudra faire 17’ de palier à 3m.
Les plongées consécutives :
sont des plongées séparées par un intervalle de surface inférieur à 15 mn. Par exemples, je dois retourner décoincer l’ancre de mon bateau où redescendre chercher mon phare malencontreusement échappé. On considère qu’il s’agit d’une seule et même seule plongée. Ma déssaturation devra se faire sur la base de :
- la profondeur maximum atteinte au cours des deux 2 plongées.
- leurs durées additionnés.
Attention de ne pas confondre la durée de la plongée et celle de l’immersion. La durée totale de remontée (DTR) est une durée de déssaturation et non de saturation.
Exemple : nous nous immergeons à 9h15 pour une exploration à 35m de profondeur et pour une durée de 25mn. Les tables nous indiquent que nous devons effectuer un palier de 11mn à 3m. Notre durée de remontée sera de :
35m – 3m = 32m et 32m ÷ 16m/mn = 2mn
Ensuite, 25’ + 2’ + 11’+ 0,5’ = 38,5’ arrondi à 39’ d’immersion.
L’heure à laquelle nous sortons de l’eau est 09h54.
Nous nous ré immergeons 10mn plus tard pour 5mn à 20m, nous devrons entrer à nouveau dans les tables, cette fois pour une profondeur de 35m mais un temps de 30mn (temps de la 1ère plongée + temps de la seconde). Nos paliers seront donc cette fois de 1mn à 6m et 20mn à 3m.
5’ + 23’ (D.T.R) = 28’
Sortie de l’eau, 10h32
Les remontées rapides :
sont des remontées dont la vitesse est supérieur à 17m/mn. Il faut redescendre en moins de 3mn effectuer un palier de 5mn à la demi profondeur (c’est-à-dire la moitié de la profondeur maximum atteinte au cours de la plongée). Ensuite il faut effectuer au minimum 3mn à 3m. Le temps à prendre en considération commence au début de l’immersion et jusqu’à la fin du palier à demi profondeur. Après un tel profil, il est fortement conseillé de ne pas replonger pendant 12h.
Une remontée lente : Pour connaître le temps des paliers, il faut tenir compte de la durée de la plongée plus du temps de la remontée.
Interruption de paliers :
en cas d’interruption depalier, il faut recommencer depuis le début du palier interrompu.
UTILISATION EXCEPTIONNELLE DES TABLES FÉDÉRALES
PLONGEE EN ALTITUDE
- Pour utiliser la table fédérale en altitude, il suffit de connaître la pression barométrique H régnant 0 la surface du lieu où I'on plonge. On entre dans la table avec une profondeur fictive P’: P'=Px1013/H, au P est la profondeur réellement atteinte (en mètres) et H la pression barométrique du lieu (en millibars ou hectopascals).
- Les paliers devront être effectués à la profondeur P réelle: P =P'xH/1013, ou P' est la profondeur du palier donnée par la table fédérale.
- Durée de remontée: c'est celle de la profondeur fictive; donc: vitesse de remontée plus lente qu'en mer, aussi bien pour rejoindre le premier palier que pour aller d'un palier a I'autre.
- Remontée rapide (c'est à dire dont la durée est strictement inférieure à celle prévue depuis la profondeur fictive): procédure identique à celle du niveau de la mer, mais redescendre à la moitié de la profondeur réelle.
- Palier interrompu, remontée lente, plongée consécutive, plongée successive : même procédure que celle du niveau mer, mais toujours en effectuant les calculs avec les profondeurs fictives.
INHALATION D' O2ENTRE DEUX PLONGEES
- Le tableau Ill «diminution de I'azote résiduel par respiration d'oxygène pur en surface" donne la valeur de I'azote résiduel qu'il faut prendre en considération pour entrer dans le tableau II du calcul des plongées successives.
Cette valeur est détermine en fonction:
· du troupe de plongée successive d'une première plongée (première colonne) ou de «I’équivalent azote résiduel" (deuxième colonne) de)i détermine a I'aide du tableau I après un certain temps passe en surface a respirer de I'air.
· de la durée pendant laquelle le plongeur respire de I'oxygène pur.
- Lorsque le temps réellement passe a respirer de I’oxygène pur en surface ne figure pas dans le tableau, prendre la valeur immédiatement inférieure.
- La deuxième colonne du tableau III donne I'équivalence numérique entre la valeur de I'azote résiduel et les groupes de plongée successive.
PALIERS A I'OXYGÈNE PUR
- les paliers à 3 mètres et à 6 mètres peuvent être effectués en inhalant de I'O2.
- La durée de chacun des paliers a I'oxygène pur est égale aux deux tiers de la durée du palier à I'air arrondie à la minute supérieure, et est au minimum de 5 minutes.
Cependant la durée de chacun des paliers 5 I'oxygène pur est égale à la durée du palier a I'air lorsque celui-ci a une durée de 1 à 5 minutes.
- Le fait d'effectuer des paliers a I'oxygène pur ne change pas le groupe de plongée successive de la plongée effectuée.
PLONGÉE AU MÉLANGE ENRICHI A L'OXYGÈNE PUR
ll existe des tables spécifiques pour la plongée au nitrox. Toutefois dans le cadre d'une utilisation exceptionnelle, ou pour des exercices théoriques de calculs avec tables, on peut retenir les règles suivantes:
- Pour utiliser la table fédérale en mer a la profondeur réelle P avec un mélange nitrox à x% d'azote, on rentre dans la table avec une profondeur équivalente PE telle que :
PE = (P+10)* ( X /0.79) - 10
- La profondeur maximum permise en mer est celle correspondant à une pression partielle d’oxygène pur de 1,6 bars.
- La durée et la profondeur des paliers en mer suite à une plongée au nitrox sont exactement ceux de la plongée à I'air réalisée à la profondeur équivalente.
- La durée maximum d'une plongée au nitrox est de 2 heures.
- Toutes les autres règles d'utilisation des tables fédérales sont maintenues dans le cadre des plongées au nitrox



























